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Bibliographie
1.  Intervention éducative
2.  École interactionnelle
2.1.  Caractéristiques
2.2.  Contexte
2.3.  Plan du cours
2.4.  Interactions en classe
2.5.  Évaluation du traitement
 4. En classe!

ÉVALUATION

Nous avons évalué l'efficacité de l'École interactionnelle pour réduire la douleur lombaire en comparant trois groupes équivalents de lombalgiques : groupe École interactionnelle (n =17) ; groupe contrôle (liste d'attente, n =23) ; groupe placebo (TENS sans pile, n =19). La composition de l'échantillon a fait l'objet d'une description détaillée dans une publication antérieure (58). Nous avons mesuré l'intensité et l'aspect désagréable de la douleur à l'aide des échelles visuelles analogiques de la figure 4.2 que nous avions préalablement utilisées en laboratoire (239-241). La procédure d'évaluation se déroule comme suit. Le lombalgique complète les échelles d'évaluation de la douleur durant trois jours toute les deux heures pendant les périodes d'éveil. L'évaluation a lieu directement à domicile a vant, à la fin, trois et six mois après l'intervention.

Avant d'aborder les résultats, précisons que la réduction de la douleur constitue une condition nécessaire mais non suffisante pour conclure à l'efficacité d'un traitement de la lombalgie chronique. En effet, il faut en plus considérer le taux d'abandon. Un « bon » traitement qui entraîne un taux élevé d'abandon n'est finalement pas efficace puisqu'il s'adresse à une portion hautement sélective des patients lombalgiques (370). Comme l'indique le tableau 4.14, le taux moyen d'abandon de 12 % obtenu à l'École interactionnelle se compare avantageusement aux autres traitements de prise en charge dont les taux varient habituellement entre 20 et 40 % (15, 18, 138, 347).

Tableau 4.14 Imprimer Taux d’abandon à l’École interactionnelle

Nombre d’Écoles Nombre de patients Abandon
Femme Homme Nombre %
8 33 30 8 12,6
Être absent plus de deux des douze étapes à l’École interactionnelle est considéré comme un abandon du traitement; les personnes obèses sont incluses dans nos groupes. (Reproduction autorisée. Tiré de Charest et al. (1994). École interactionnelle du dos. Rhumatologie, 46 (8), 221-237.)

Concernant la réduction de la douleur, les résultats se présentent comme suit (figure 4.2). L'École interactionnelle et le traitement placebo parviennent tous les deux à réduire significativement l'intensité et l'aspect désagréable de la douleur à la fin du traitement et trois mois après la fin du traitement (58). À l'École interactionnelle, cette réduction se maintient six mois après la fin du traitement pour l'intensité (F(1)= 15,778, P= 0.0004) et l'aspect désagréable (F(1)= 16,360, P= 0.0003) de la douleur. Il en va de même pour le groupe placebo qui continu aussi à présenter des différences significatives entre l'évaluation prétraitement et l'évaluation de six mois (intensité  F(1)= 7,061, P= 0.012 ; aspect désagréable : F(1)= 5,842, P= 0.0208). Pour sa part, la comparaison entre l'École interactionnelle et la liste d'attente montre que l'École interactionnelle est supérieure au simple écoulement du temps pour réduire l'intensité et l'aspect désagréable de la douleur jusqu'à trois mois après la fin du traitement (58). De la même façon, l'École interactionnelle s'avère supérieure à un traitement placebo pour réduire l'intensité et l'aspect désagréable de la douleur jusqu'à trois mois après la fin du traitement. Au moment de l'évaluation six mois après la fin des traitements, les groupes École interactionnelle, liste d'attente et placebo ne comptent plus respectivement que 12, 14 et 13 sujets. La comparaison entre l'École interactionnelle et les deux autres groupes n'est alors plus possible à six mois. En effet, la majorité des lombalgiques du groupe placebo et de la liste d'attente nous ont alors signalé qu'ils avaient recours (ou qu'ils avaient eu recours pendant les mois précédents) à un ou plusieurs traitements, tandis qu'un seul sujet du groupe de l'École interactionnelle a eu recours à un professionnel de la santé pour ses problèmes de dos pendant la même période (54).

Figure 4.2 Évaluation de la douleur

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