Aérobie versus anaérobie
L'objectif premier des programmes cardio-respiratoires, que l'on pourrait
également appeler programmes cardio-vasculaires, est d'améliorer
l'habileté des poumons, du coeur et de la circulation sanguine à se
saisir de l'oxygène présent dans l'air ambiant et à le distribuer à
l'ensemble de l'organisme. On pourrait formuler différemment cet objectif
en disant que les programmes cardio-respiratoires visent l'amélioration
de la puissance aérobie des individus.
Le terme aérobie, qui peut être utilisé autant comme nom que comme
adjectif, est dérivé de aêr (air) et bios (vie) qui signifie « vivre
en présence d'oxygène ». Il s'oppose à anaérobie où le « an »
est privatif et signifie donc « qui peut vivre en l'absence
d'oxygène ». En ce qui
concerne l'activité musculaire, aérobie et anaérobie qualifie les
systèmes qui vont produire de l'ATP (adénosine-triphosphate), carburant
essentiel à toute activité musculaire.
Le système anaérobie
Le système anaérobie fonctionne donc sans oxygène. Sa caractéristique
essentielle est la très grande rapidité avec laquelle il est en mesure
de libérer de l'énergie. Toute action musculaire sera initiée grâce à ce
système et les efforts très intenses où la demande d'énergie est criante
verront leurs besoins en énergie comblés surtout par ce système.
Transporter un objet lourd ou courir à pleine vitesse sur quelques
centaines de mètres sont des exemples typiques d'actions reposant
principalement sur ce système.
En contrepartie, il présente deux inconvénients qui peuvent devenir
majeurs selon la tâche à accomplir. D'abord, la quantité totale
d'énergie que ce système peut produire demeure relativement faible aussi
il ne pourra suffire à la tâche si l'action à accomplir, quoique
d'intensité modérée, exige de grandes quantités d'énergie en raison de sa
durée. Ainsi, fendre 3 cordes de bois, faire une randonnée à bicyclette
de plusieurs kilomètres, déblayer l'entrée après une bonne tempête sont
autant d'actions qui peuvent être accomplies lentement mais qui, de par
leur durée, requièrent de grandes quantités d'énergie et, de ce fait, ne
pourront reposer principalement sur le système anaérobie.
Deuxième désavantage du système anaérobie: la libération d'énergie
s'accompagne de l'accumulation d'acide lactique dans le sang et les
tissus musculaires et cette accumulation sera d'autant plus rapide que
l'effort sera intense. Comme une forte concentration d'acide lactique
joue un rôle de premier plan dans l'apparition de la fatigue musculaire,
les efforts reposant principalement sur les mécanismes anaérobies, seront
obligatoirement de courte durée (moins de 2-3 minutes). Force est
cependant d'admettre que, dans la vie de tous les jours, rares sont les
actions qui vont exiger une contribution maximale du système anaérobie et
où la concentration en acide lactique sera telle que le travail
musculaire deviendra pénible au point de devoir cesser.
Le système aérobie
Contrairement au système anaérobie, le système aérobie nécessite de
l'oxygène. À cause de sa lenteur relative, il ne sera pas le premier
acteur dans les efforts où le besoin en énergie est criant. En revanche,
il peut fournir des quantités considérables d'énergie. Aussi, son
importance augmentera-t-elle avec la durée d'une activité. Ainsi, pour
un effort de 10 minutes, environ 90% de l'énergie proviendra de ce
système alors que pour un effort de quelques heures, comme la course du
marathon, au-delà de 99% de l'énergie en sera issue. Autre avantage de
ce système, il ne produit pas d'acide lactique, les sous-produits des
réactions chimiques étant plutôt de l'eau, du gaz carbonique et de la
chaleur qui peuvent être éliminés au fur et à mesure de leur production.
Bien que l'on puisse distinguer facilement certaines caractéristiques de
ces systèmes, il convient de mentionner qu'en aucun temps, tant au repos
qu'en exercice, un seul système fournit la totalité de la demande
d'énergie. La contribution relative de chacun d'eux étant déterminée
d'abord par l'intensité de l'effort et ensuite par sa durée. La
contribution du système anaérobie sera prépondérante lors d'efforts
intenses et de courte durée alors que celle du système aérobie sera
prépondérante lors d'efforts de faible ou de moyenne intensité mais de
durée prolongée.
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