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 9. Anatomie

ÉVALUATION

Les participants

Jean-René Chenard, Yves Bouchard, Michelyne Dorion, Mario Siane, Serge Favreau, Marie-Claude Gagné, Christine Pouliot, Joyce Dickey, Gisèle Bettey.

La question

Le client: un travailleur forestier diagnostiqué triple hernie discale avec souffrance radiculaire par un neurochirurgien (à partir de l'imagerie médicale et de l'examen clinique). Litige avec la CSST. Lors de sa première guérison, l'employeur l'avait retourné sur "le terrain" (conduite de véhicules lourds en forêts et combattre les feux de forêts). Rechute à la fin de l'été... Le neurochirurgien lui a demandé de suivre l'école comme ultime recours (même s'il fait partie des critères d'exclusion). Ses chances d'éviter la chirurgie sont minimes... Il passe en révision quatre semaines après le début de l'école. Il souhaite obtenir 12 % d'invalidité ce qui lui éviterait de repartir dans le bois (?)... et lui permettrait de se réorienter professionnellement. Pour l'instant, il souhaite à tout prix éviter l'opération.

J'ai négocié le contrat en deux temps et de la façon suivante:

  1. inutile de te tirer dans le pied: ne fait surtout rien pour t'améliorer avant de passer devant la commission d'évaluation. Au contraire, comprends bien les mécanismes qui permettent de charger le disque, d'irriter la racine et d'en faire une démonstration claire lors de ton évaluation. Dans ton état actuel et avec l'imagerie médicale pour te supporter, tu ne devrais voir aucune difficulté pour obtenir ton 12 %.
  2. Durant les 7 semaines restantes, nous te montrerons ensuite comment entreprendre avec nous un début de parcours sur les chemins de la guérison (???): délestage du disque mobilisation prudente de la racine, verrouillage du bassin. Je prendrai alors avec toi une réduction de la douleur de 5% et nous t'aiderons à négocier ta réorientation de carrière.

Ma question: est-il "éthique" de montrer à ce client comment ne pas améliorer son état au début de l'école?

La synthèse

Un patient bien ou mal sélectioné?

  • On a jugé la motivation du client suffisamment élevée pour l'accepter bien qu'il fasse partie des critères d'exclusion. Ce client ne cherchait qu'à guérir...

  • Après nous avoir enseigné l'importance de bien choisir les participants pouvant tirer profit des écoles du dos, je me demande pourquoi avoir sélectionné ce participant alors qu'il répondait aux critères d'exclusion...

  • Si la CSST maintient sa position, je dirais au client d'attendre la décision finale ainsi que le comité d'évaluation avant d'entreprendre l'École du dos.

  • Répond-il aux critères d'admission de l'école du dos? Est-il client? Est-il motivé à s'impliquer dans un tel programme?

  • Une décision de cet ordre importe à l'intervenant puisqu'elle fait référence à ses valeurs et son éthique professionnelle. Pour ma part, encourager un client à se détruire pour l'obtention d'une compensation monétaire est inadmissible. Par conséquent, je recommanderais plutôt à ce client de régler ses déboires avec la CSST et de s'inscrire à une prochaine École du dos. De cette façon, je pourrai lui venir en aide sans que la peur de guérison ne vienne entraver la démarche.

Pas éthique du tout un point c'est tout... (la grande majorité des cliniciens...).

  • Et de la façon dont vous présentez les choses, il ne sera pas plus éthique de le lui montrer au milieu ou à la fin de l'école.

  • En tant que clinicien, nous ne pouvons pas nous engager de la sorte auprès d'un client au détriment de la C.S.S.T. ou tout autre organisme : il n'y a rien de thérapeutique là-dedans... bien au contraire!

  • Nous ne sommes pas là en tant que conseillers juridiques pour ce client, nous sommes des cliniciens. Prendre un telle position face au client, c'est renier notre mission première, soit aider le client. Nous ne l'aidons pas, selon moi, nous ne faisons que renforcer (et motiver) les gains secondaires de ce client (même si certains ne sont pas d'accord avec la notion de gains secondaires).

  • Croyez-vous que ce client sera intéressé à améliorer sa situation si vous lui montrer d'abord comment faire de l'argent avec sa condition ??? Probablement pas. Moi je chercherais probablement à faire encore plus d'argent...

  • Cette approche de ce client ne respecte en rien la philosophie de votre école du dos. Vous n'êtes pas centré sur sa douleur mais plutôt sur son portefeuilles... Je ne suis pas sur que les théories communicationnelles nous soient d'un grand secours après votre intervention...

  • Aider le client à comprendre comment empirer son mal afin d'obtenir ou garantir un pourcentage d'indemnité n'est pas éthique. Même si la démonstration vise à aider le client à bien faire comprendre sa douleur, il ne nous appartient pas à lui enseigner dans un premier temps cette compréhension. Cette connaissance peut très bien lui nuire plutôt que de le servir. Dans la crainte de ne pas obtenir son pourcentage, il peut adopter une attitude où il exagère un temps soit peu ses difficultés et perdre ainsi sa crédibilité en tant que patient. Il peut ainsi perdre sa spontanéité à l'égard de sa souffrance aux yeux des évaluateurs.

  • En tant qu'ergothérapeute et praticienne à l'École du dos, mon rôle est d'aider le client à s'armer dans le but d'atteindre une amélioration de sa situation et non une détérioration. Ce n'est pas parce que la CSST emploie des tactiques peu loyables que nous devons riposter de la même façon.

  • Notre rôle comme professionnel est d'aider le client à s'améliorer dans la mesure où cela est possible. La souffrance en elle-même et la façon dont le client la vit suffisent pour les fins d'évaluation. L'enjeu de la décision d'un pourcentage d'indemnité ne nous appartient pas et il n'est pas utile de s'en mêler. Comme professionnel, nous ne devrions pas avoir besoin de se mêler de cette partie du dossier pour obtenir la confiance du client. Notre action thérapeutique et notre capacité d'entrer en relation avec l'autre doivent suffir.

  • Bien que je présuppose que l'intervention du clinicien se veut une démarche stratégique pour rendre client un participant touriste, il n'en demeure pas moins que cette façon de faire n'est de toute évidence pas éthique.

  • Selon le code de déontologie de ma profession, il n'est pas admissible de suggérer des moyens détournés pour soutirer des bénéfices à une situation. Ceci représente à mon point de vue de l'incitation à la fraude.

  • Je ne crois pas que ce soit éthique de donner des "trucs" à un client afin de berner la CSST ou afin de dire les bonnes choses au bon moment aux différents spécialistes pour pouvoir arriver à ses fins.

Que dire de plus des futurs contacts entre la CSST et les intervenants de l'École du dos...

  • Même si nous ne sommes pas d'accord avec les agissements et décisions de la CSST, nous ne pouvont pas aller plus loin que ça et prendre une décision pour le patient qui ne nous revient pas. Notre but premier est de travailler afin d'améliorer la condition du patient. Si la CSST apprenait d'une façon quelconque ou simplement soupçonnait quelque implication frauduleuse que ce soit des intervenants de l'École du dos à promouvoir l'exacerbation et la poursuite des douleurs chez le lombalgique, ça ne ferait qu'empirer sa situation et détériorer dangeureusement ses relations avec le personnel de la CSST qui ne le prendraient plus du tout au sérieux mais simplement comme un fraudeur.

  • À la limite, informer le client sur les mouvements qu'il doit faire pour s'améliorer et ceux qui peuvent l'empirer est acceptable et même souhaitable pour l'aider à acquérir un meilleur contrôle de sa situation. Toutefois, il y a une marge entre l'informer (au même titre que les autres clients) et l'encourager à empirer son état. Un encouragement de cette nature contribue à renforcer l'abus de système par l'obtension d'un bénéfice secondaire à la non guérison.

  • Il n'est pas du mandat des praticiens d'agir en faveur ou non d'un bénéficiaire de la C.S.S.T. mais plutôt de travailler sur sa réduction de douleur lombaire afin d'éviter l'opération.

  • Je ne suis là pour lui montrer comment améliorer son état au début de l'école. Pour lui apprendre a s'autotraiter pour diminuer sa douleur et a se prendre en charge.

  • Ce qui regarde la C.S.S.T ne me regarde pas.

  • P.S. Comment pouvez-vous être sur que ce client obtiendra un 12% d'invalidité?...

Tout à fait éthique, un point c'est tout!

  • De plus, la conséquence indésirée à sa guérision a tout de suite été mis sur la table (ne plus être retourné sur le terrain après deux rechutes consécutives).

  • Le but de l'école interactionnelle du dos est d'apprendre au gens à se prendre en charge, à s'auto-traiter, à développer leur autonomie face à la gestion de leur lombalgie chronique. À bien comprendre comment s'améliorer mais aussi s'empirer.

  • C'est un traitement global destiné à répondre aux aspects multidimensionels de la lombalgie chronique. Les articulations avec la CSST font partie des chemins de la guérison des patients.

  • La solution proposée à la conséquence indésirée vers le chemin de la guérison passe par une compréhension du language du client afin d'obtenir sa collaboration; ceci est dans l'éthique de l'école interactionnelle du dos.

Des solutions plus appropriées...

  • Dans ce cas, la chose à faire selon moi serait de parlementer dès le départ avec les agents de la CSST, de leur expliquer les bienfaits et limites de l'École du dos, de leur dire en quoi l'École peut aider le client en spécifiant clairement que même si les douleurs du patient diminuaient avec la poursuite de l'École, le retour au même type de travail fait auparavant ne fera qu'aggraver sa situation. (En bref, donner notre position sur le type de travail conseillé au patient.)

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