La racine nerveuse

Dans la hiérarchie des cartes de la douleur, une position privilégiée

Là encore, le problème consiste à donner un espace suffisant aux racines compressées par l'os et par la prolifération exubérante de l'arthrose qui obstrue le canal lombaire.

Dans la hiérarchie des cartes de la douleur, l'as occupe une position privilégiée. Cet atout me revient de droit. Quel autre professionnel de la santé peut avoir comme prétention sérieuse la libération des racines nerveuses quand un rétrécissement du canal vertébral les comprime ?

D'abord, quel âge avez-vous ? En général au-dessus de cinquante-cinq ans ! Et comment expliquer ce rétrécissement, cette « sténose » du canal vertébral ? Par la présence d'arthrose. Le vieillissement normal du dos s'accompagne parfois d'une dégénérescence osseuse atteignant le pourtour du canal vertébral. Il faut d'abord localiser le niveau du rétrécissement.

Ici, rien ne vaut un bon examen clinique : mobiliser lentement une jambe tendue, évaluer les réflexes rotuliens ou achilléens, vérifier la force musculaire et la sensibilité des différents territoires cutanés. Je me repère dans vos trajets nerveux aussi facilement qu'un chauffeur de taxi dans les rues de sa ville. Je les parcours mentalement : voies principales et déviations, raccourcis ou chemins de traverse. La circulation, habituellement fluide, s'écoule en suivant une série de sens unique. D'en bas, certaines voies apportent l'information sur ce qui s'y passe. D'en haut, d'autres rapportent les ordres d'exécution motrice.

Moi, je n'interviens ici qu'en cas de chaos. Avez-vous perdu la sensibilité d'une vaste partie de la surface externe de la cuisse ? Obstruction sur la racine sensitive L5-S1. Contractez-vous difficilement le muscle du mollet qui commence à s'atrophier ? Le réflexe au niveau du tendon d'Achille a-t-il presque complètement disparu ? Même échangeur, mais bouchon cette fois sur la sortie motrice.

Rétablir la circulation ? D'abord, une radio, ensuite un « scanner » de la région et souvent l'avis de mon collègue neurologue. Dans sa tour de contrôle, face à ses radars, il me confirmera la localisation exacte de la compression, de l'irritation. Toujours cette manie de la précision !

Si j'ouvre votre dos, autant le faire le plus près possible de la vertèbre incriminée, pas d'objection ? Le protocole opératoire reste essentiellement le même durant la première partie de cette intervention que lors d'une microchirurgie. Mais pour recalibrer votre canal, je vais ouvrir plus large que pour une intervention discale. Et utiliser d'autres outils !

Comme un castor avec ses dents, je fraise lentement le pourtour de la partie postérieure de votre vertèbre.

Suffisamment pour libérer vos racines, point trop pour ne pas mettre en péril l'équilibre de l'échafaudage vertébral.

Souvent le disque a disparu, complètement écrasé par la structure vertébrale.

Là encore, le problème consiste à donner un espace suffisant aux racines compressées par l'os et par la prolifération exubérante de l'arthrose qui obstrue le canal lombaire.